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LE DIF, UN DROIT POUR LE SALARIE, UNE CHANCE POUR L'ENTREPRISE
Le DIF parfois perçu comme une nouvelle contrainte pour l'entreprise est en réalité une véritable chance pour son développement. Obtenir des résultats avec des hommes: aujourd'hui et plus encore demain la compétence fera la différence. Plus de compétence, c'est plus d'efficacité et donc une meilleure compétitivité. Chacun a à y gagner, tout le monde devrait se retrouver sur ce terrain là

Qui en sont les bénéficiaires ?
Salariés en contrat à durée indéterminée (CDI)
Tout salarié titulaire d'un CDI, à temps complet ou à temps partiel, et disposant d'une ancienneté d'au moins un an dans l'entreprise qui l'emploi bénéficie, chaque année, d'un droit individuel à la formation. Sauf accord de branche ou d'entreprise plus favorable, l'ancienneté d'un an est comptabilisée à compter du 7 mai 2004. Les premières heures capitalisées au titre du DIF peuvent donc être utilisées à compter du 7 mai 2005.
Salariés en contrat à durée déterminée (CDD)
Les salariés employés en CDD peuvent également bénéficier du DIF sous réserve d'avoir travaillé au moins quatre mois, consécutifs ou non, sous CDD au cours des douze derniers mois. Le salarié sous CDD doit être informé par son employeur de ses droits au titre du DIF.

Les exclus du dispositif
Les titulaires d'un contrat d'apprentissage ou d'un contrat de professionnalisation ne peuvent pas bénéficier du DIF.

Les modalités d'acquisition des droits au DIF
Droits annuels
La durée des droits acquis au titre du DIF est de 20 heures par an. Une convention ou un accord collectif interprofessionnel, de branche ou d'entreprise peut toutefois prévoir une durée supérieure. Pour les salariés à temps partiel ou employés sous CDD, cette durée est calculée au prorata de leur durée du travail.
Cumul des droits
Les droits acquis peuvent être cumulés sur 6 ans. Au terme de cette période et à défaut de son utilisation en tout ou partie, le DIF reste plafonné à 120 heures. Ce plafond s'applique également aux salariés à temps partiel, quel que soit le nombre d'années cumulées, sur la base des droits annuels acquis au prorata de leur durée de travail.
Aménagements conventionnels
Une convention ou un accord collectif de branche ou d'entreprise peut prévoir des modalités particulières de mise en oeuvre du DIF, sous réserve que le cumul des droits ouverts soit au moins égal : o à une durée de 120 heures sur 6 ans, o ou, pour les salariés à temps partiel, au montant cumulé des heures calculées chaque année au prorata de la durée du travail dans la limite de 120 heures.
Déduction du nombre d'heures
Le crédit d'heures dont dispose le salarié au titre du DIF est réduit à hauteur des formations qu'il réalise dans le cadre de celui-ci.
Information des salariés
Chaque salarié est informé par écrit annuellement du total de ses droits acquis au titre du DIF. Actions de formation admises Priorités fixées par convention ou accord
Des priorités peuvent être définies pour les actions de formation mises en oeuvre dans le cadre du DIF par convention ou accord collectif de branche ou d'entreprise ou, à défaut, par accord interprofessionnel.
En l'absence de convention ou d'accord
A défaut d'un tel accord, les actions de formation mises en oeuvre dans le cadre du DIF sont :
- les actions de promotion permettant d'acquérir une qualification plus élevée ;
- les actions d'acquisition, d'entretien ou de perfectionnement des connaissances ;
- les actions de qualification visant à l'obtention d'une qualification enregistrée dans le répertoire national de certifications professionnelles, ou reconnue dans les classifications d'une convention collective nationale de branche, ou figurant sur une liste établie par la commission paritaire nationale de l'emploi d'une branche professionnelle.

Les dispositions financières du DIF
Un budget de 22 milliards d'euros
La France consacre chaque année environ 22 milliards d'euros à la formation professionnelle continue et à l'apprentissage, soit 1,55 % du PIB. Cet investissement est réparti entre les principaux financeurs : 12,9 Mds d'euros pour les employeurs publics et privés, pour la formation de leurs salariés ; 4,8 Mds d'euros pour l'État et 2,1 Mds d'euros pour les régions, pour la formation des publics dont ils ont la responsabilité ; 1,6 Md d'euros pour les autres administrations et l'UNEDIC, le reste étant pris en charge par les salariés eux-mêmes.
La réforme du DIF
Les entreprises employant au moins dix salariés doivent désormais consacrer au financement de la formation professionnelle continue une part minimale de 1,60 % (au lieu de 1,50 %) des rémunérations versées pendant l'année en cours, dont 0,20 % minimum versé à un organisme paritaire agréé par l'État au titre du congé de formation et 0,50 % minimum à un organisme paritaire agréé au titre des contrats ou des périodes de professionnalisation et du droit individuel à la formation. Les entreprises employant moins de dix salariés devront consacrer au financement de la formation une part minimale de 0,40 % (0,55 % à compter du 1er janvier 2005) des rémunérations versées pendant l'année en cours. Les contributions sont mutualisées auprès d'organismes collecteurs paritaires collecteurs agréés par l'État. Source : Ministère du Travail
Des exceptions
Des accords de branche (BTP, agriculture, services de l'automobile, régies de quartier, etc.) prévoient en revanche une vraie transférabilité du DIF, d'une entreprise à l'autre, sous certaines conditions (notamment dans une entreprise du même secteur d'activité). Quant à un départ en retraite, il fait tout simplement perdre les heures de DIF non utilisées.

Extrait de l'Accord national interprofessionnel du 20 Septembre 2003 - Chapitre 2 - Article 6 :
"Le DIF est transférable en cas de licenciement sauf pour faute grave ou lourde, en cas de licenciement économique, de fermeture d'entreprise ou de restructuration. Il n'est pas transférable en cas de départ en retraite. En cas de démission, le salarié peut demander à bénéficier de son DIF pour participer à une action de bilan de compétences de formation ou de validation des acquis de l'expérience, réalisée pendant la durée du préavis."

Le DIF, un dispositif sans régime
Le DIF est un dispositif qui n'a pas de régime. Il n'y a pas une contribution spécifique adossée à l'obligation de former-sur 20 heures par an- chaque salarié. On peut financer sur le " 0,9% " (le plan de formation géré par l'entreprise) ou sur le " 0,5% " (les fonds des OPCA, lorsque les formations sont prioritairement éligibles ou lorsque ce DIF est intégré à une période de professionnalisation) ou encore sur le " 0,2% " (utilisé par le FONGECIF lorsqu'il y a désaccord marqué entre le salarié et son employeur). Encore que ces deux derniers moyens de financement ne soient pas directement à la disposition de l'entreprise. Il n'existe pas d'autre caisse, pas d'autre contribution, il va falloir que le DIF entre dans ce cadre.

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